la population de Zaporijjia appelée à évacuer

la population de Zaporijjia appelée à évacuer

LE POINT SUR LA SITUATIONLe Figaro fait le point sur les dernières informations issues de journalistes, de déclarations ukrainiennes et russes, de sources occidentales et d’organisations internationales.

La population de Zaporijjia appelée à évacuer, l’Ukraine reconnaît pour la première fois avoir frappé des bases russes en Crimée, Poutine prévient que la Russie ne livrera plus ni pétrole ni gaz si les prix sont plafonnés… Le Figaro fait le point, ce mercredi 7 septembre, sur les dernières informations issues de la guerre en Ukraine.

Kiev propose une mission internationale à Zaporijjia, la population appelée à évacuer

Au lendemain de la publication du rapport de l’AIEA, Kiev a proposé mercredi une mission internationale sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia, où la population a été appelée à évacuer sur fond de risque d’escalade entre Russes et Ukrainiens.

«Nous proposons de créer une mission internationale avec la participation de l’UE, de l’ONU et d’autres organisations. Celle-ci faciliterait le retrait de l’armée russe de la centrale et du territoire autour dans un rayon de 30 km», a indiqué lors d’une réunion du gouvernement ukrainien le premier ministre Denys Chmygal. Ces propos interviennent au lendemain de la publication d’un rapport de l’AIEA jugé «sans résultats tangibles» par Denys Chmygal. Ce rapport de l’agence onusienne appelait notamment à la création d’une «zone de sécurité» sur le site de la plus grande centrale d’Europe face à une situation sécuritaire «intenable».

La vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a pour sa part demandé la mise en place d’«un couloir humanitaire pour l’évacuation de la population civile du territoire temporairement occupé (par les Russes) et adjacent à la centrale nucléaire». «Evacuez! Trouvez un moyen d’accéder aux territoires contrôlés (par Kiev)», a-t-elle lancé aux habitants de la zone sur Telegram.

Un accident nucléaire à la centrale de Zaporijjia, occupée par les Russes depuis mars, risque d’affecter non seulement l’Ukraine mais aussi des pays voisins, avait averti plus tôt de son côté l’agence d’inspection chargée de la sécurité nucléaire en Ukraine. En cas d’incident grave, «il y aura des conséquences non seulement pour l’Ukraine, mais aussi, clairement, des conséquences au-delà des frontières», a prévenu Oleg Korikov, le chef par intérim de cette structure, lors d’une conférence de presse en ligne.

» VOIR AUSSI – Ukraine: Moscou accuse Kiev de nouveaux bombardements de la centrale de Zaporijjia

L’Ukraine reconnaît pour la première fois avoir frappé des bases russes en Crimée

Le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Valery Zaloujny, a pour la première fois reconnu avoir mené des frappes de missiles ayant visé en août des bases russes en Crimée annexée, menaçant de poursuivre ce type d’opérations. L’Ukraine a «effectué avec succès des frappes de missiles sur des bases militaires de l’ennemi, notamment sur l’aérodrome de Saki», a-t-il écrit dans un article publié par l’agence de presse publique Ukrinform.

Des explosions avaient retenti début août sur cet aérodrome russe situé en Crimée et avaient fait un mort et plusieurs blessés et détruit notamment des munitions destinées à l’aviation militaire. Kiev n’avait jusque-là pas reconnu officiellement de responsabilité dans cette attaque, ni dans une autre qui avait touché quelques jours plus tard un dépôt de munitions dans le nord de la Crimée.

La Russie ne livrera ni pétrole ni gaz si les prix sont plafonnés, prévient Poutine

La Russie ne livrera plus de pétrole ou de gaz aux pays qui plafonneraient les prix des hydrocarbures vendus par Moscou, a prévenu le président Vladimir Poutine, au moment où les Occidentaux travaillent à une telle mesure. Plafonner les prix «serait une décision absolument stupide», a lancé Vladimir Poutine lors d’un forum économique à Vladivostok (Extrême-Orient russe). «Nous ne livrerons rien du tout si c’est contraire à nos intérêts, en l’occurrence économiques. Ni gaz, ni pétrole, ni charbon (…). Rien», a-t-il ajouté.

» VOIR AUSSI – Énergie: Poutine prévient que la Russie cessera de fournir du gaz et du pétrole aux pays plafonnant les prix

«Nous ne fournirons rien en dehors du cadre des contrats» signés avec les pays importateurs, a encore affirmé Vladimir Poutine devant des dirigeants économiques russes et asiatiques. «Mais ceux qui essaient de nous imposer quelque chose ne sont pas en mesure aujourd’hui de nous dicter leur volonté», a-t-il lancé.

Le dirigeant russe a appelé les pays européens à «revenir à la raison», au moment où des voix s’élèvent en Occident pour accuser la Russie d’utiliser l’énergie comme une «arme» en représailles aux sanctions liées à l’intervention militaire russe en Ukraine. Des accusations rejetées mercredi par Vladimir Poutine: «Encore un non-sens !», a-t-il lancé. Selon le président russe, les Européens, confrontés à une envolée des prix, «ont plusieurs solutions: soit subventionner les prix élevés (de l’énergie), (…) soit réduire la consommation».

Le parti de Poutine propose des référendums d’annexion de territoires ukrainiens le 4 novembre

Le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie, a proposé mercredi d’organiser le 4 novembre des référendums dans les territoires sous contrôle russe en Ukraine, en vue de les rattacher à la Russie. «Donetsk, Lougansk et de nombreuses autres villes russes vont enfin retrouver leur port d’attache. Et le monde russe, aujourd’hui divisé par des frontières formelles, retrouvera son intégrité», a déclaré le secrétaire du Conseil général de Russie Unie, Andreï Tourtchak, cité par le parti. «Il serait opportun d’organiser ces référendums dans le Donbass et les territoires libérés le 4 novembre», a ajouté Andreï Tourtchak, cité par l’agence de presse Ria Novosti.

Le responsable fait référence aux régions ukrainiennes de Donetsk et Lougansk (Est), dont Moscou a reconnu l’indépendance juste avant son offensive du 24 février, ainsi que les régions de Kherson et Zaporijjia que l’armée russe occupe en bonne partie. «Nous allons nous préparer pour cette date concrète», a réagi selon les agences russes un responsable des autorités mises en place par Moscou à Kherson, Kirill Stremooussov. Le 4 novembre correspond en Russie au jour de l’Unité nationale, qui commémore une révolte populaire du XVIIe siècle ayant expulsé les forces d’occupation polonaises de Moscou.

Les céréales ukrainiennes vont aux pays de l’UE, pas aux pays pauvres, affirme Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que les exportations de céréales ukrainiennes allaient majoritairement vers les pays européens et non pas vers les pays pauvres, ce qui pose selon lui un risque de «catastrophe humanitaire». Des affirmations pas totalement confirmées par les chiffres fournis à l’AFP par le centre de coordination en Turquie, selon lesquels 36% seulement des céréales ukrainiennes sont allées à des pays de l’Union européenne.

«Presque toutes les céréales exportées d’Ukraine sont envoyées non pas aux pays en développement et aux pays les plus pauvres, mais aux pays de l’Union européenne», a affirmé Vladimir Poutine lors d’un forum économique à Vladivostok (Extrême-Orient russe). «Ce que nous observons est une tromperie (…), une attitude grossière et imprudente envers ces partenaires pour qui tout cela était censé être fait», a-t-il enchaîné devant de nombreux responsables économiques et politiques asiatiques.

Le président russe a dénoncé une attitude «colonialiste» de la part des pays occidentaux, et notamment de l’UE, qui «pensent d’abord à (leur) propre peau, à (leurs) propres intérêts». «Ils s’en fichent!», a-t-il lâché. «Regardez le compte: 80 navires, et deux seulement vers les pays en développement», soit «3% uniquement», a fustigé Vladimir Poutine dans son discours, indiquant «avoir parlé avec un dirigeant européen» de ce sujet «il y a un mois». «Mais la quantité de céréales envoyée aux pays en développement n’augmente toujours pas». «Cela pourrait mener à une catastrophe humanitaire sans précédent», a-t-il alerté dans un discours de plus d’une demi-heure. «Peut-être devrions-nous réfléchir à la façon de limiter les exportations de céréales et d’autres produits alimentaires par cette voie?», a-t-il poursuivi.

» VOIR AUSSI – Sanctions occidentales: Il est «impossible d’isoler la Russie», prévient Vladimir Poutine

Les pays occidentaux coupables de «provocation» envers la Russie, accuse Erdogan

Les pays occidentaux se rendent coupables de «provocation» envers la Russie, a déclaré mercredi à Belgrade le président turc Recep Tayyip Erdogan. «Je peux dire très ouvertement que je ne trouve pas que l’attitude actuelle de l’Occident (…) soit la bonne. L’Occident mène une politique basée sur la provocation», a déclaré le chef de l’État turc lors d’une conférence de presse avec son homologue serbe Aleksandar Vucic, en réponse à une question sur la crise énergétique en Europe.

«Tant que vous essaierez de mener une telle guerre de provocation, vous ne pourrez pas obtenir les résultats escomptés», a-t-il ajouté. «Nous, Turquie, avons toujours maintenu une politique d’équilibre entre la Russie et l’Ukraine», a-t-il ajouté. Si elle a fourni à Kiev des drones militaires, la Turquie a refusé de se joindre aux sanctions occidentales décrétées contre la Russie après le déclenchement de son offensive en Ukraine.

L’UE prépare une nouvelle aide financière de cinq milliards d’euros

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé que l’UE verse une aide financière de cinq milliards d’euros pour aider l’Ukraine à faire face aux conséquences de la guerre. Il s’agit de la deuxième tranche d’un paquet maximum de neuf milliards pour 2022 proposé le 18 mai.

«Aujourd’hui, la Commission propose une assistance macrofinancière supplémentaire de 5 milliards d’euros pour l’Ukraine», a-t-elle annoncé sur Twitter. Cette aide, sous forme de prêts, devra encore être approuvée par les 27 pays membres de l’UE qui ont prévu d’en discuter vendredi lors d’une réunion des ministres des Finances à Prague.

Olivier Véran appelle à la «vigilance collective» contre la propagande russe

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a appelé mercredi à la «vigilance collective» face à la propagande russe sur la guerre en Ukraine qui trouve selon lui des «relais d’opinion» en France, via notamment «des interventions, parfois de responsables politiques, parfois d’“experts”». «On voit émerger notamment sur des plateaux télés des interventions, parfois de responsables politiques, parfois d’“experts” qui commencent à porter sur notre territoire la parole russe comme une parole crédible et parfois même peuvent remettre en question la réalité des faits sordides qui se déroulent en Ukraine», a déclaré Olivier Véran dans son compte rendu du conseil des ministres.

Après les propos du président russe Vladimir Poutine assurant que les sanctions contre Moscou «menacent le monde entier», le porte-parole du gouvernement a interrogé: «si les sanctions que l’Europe impose à la Russie faisaient plus de mal à l’Europe qu’à la Russie, est-ce que vous croyez qu’un dirigeant comme Vladimir Poutine le dirait?».

Files d’attente géantes de camions à la frontière polonaise

Des files d’attente géantes de camions se sont formées en Ukraine à la frontière polonaise, les routiers mettant en cause la lenteur des contrôles, ont constaté des journalistes de l’AFP. «Cela fait trois jours qu’on attend. La file d’attente n’a pas avancé d’un seul mètre de toute la nuit. Personne ne fait attention à nous», témoigne Mykola, un routier de 65 ans, qui refuse de donner son nom de famille.

«Je suis debout depuis lundi, ça fait huit heures sans mouvement. Et après avoir atteint la frontière, nous aurons à y rester pendant une journée ou une journée et demie», raconte Pavlo Ponomarenko, 47 ans, qui a peur que sa cargaison d’huile ne se gâte du fait de cette attente. «Personne n’a besoin de nous, on marche ici comme des sans-abri, sans eau, sans nourriture, rien», renchérit Dmytro, un chauffeur de 45 ans. Selon les routiers interrogés par l’AFP sur ce segment de route, cette file d’attente longue de 18 kilomètres s’est formée il y a trois jours et n’a avancé que d’un kilomètre et demi ces dernières 24 heures. Les autorités ukrainiennes ont de leur côté signalé une queue de 54 kilomètres sur un autre segment.

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